Le MoDem tient à faire connaître sa position quant à la Réforme des retraites. En pièce jointe, la réaction détaillée en 11 points du Mouvement démocrate sur le projet de réforme des retraites. Ci-dessous, les éléments de différence avec l’UMP et le PS.
"Globalement, la réforme est indispensable. Porter l’âge légal de la retraite à 62 ans, c’est raisonnable. Les évolutions socio-économiques actuelles imposent une augmentation différenciée de l’âge de la retraire si l’on ne veut pas reporter sur les générations futures le poids du prélèvement social (en PDF joint l’intégralité du communiqué).
En revanche, il y a des injustices inacceptables :
ce qui nous paraît le plus inacceptable, c’est le report de 65 ans à 67 ans pour partir sans pénalisation. Car passer de 60 ans à 62 ans, ce n’est pas la même chose que de passer de 65 à 67 ans. Ce sont des années où l’on a avancé en âge, où l’on est plus fragile.
Le financement de cette réforme n’est pas équitable. Nous déplorons le déséquilibre entre l’effort demandé aux salariés et celui demandé aux plus favorisés. La taxation des hauts revenus est cosmétique. Dans la plupart des pays européens, la tranche la plus élevée se situe à 45%. Le passage de 40% à 41% pour cent pour la tranche supérieure de l’impôt n’est pas un effort, c’est faire semblant ! Un saut de 5% nous semblerait bien.
sur la pénibilité, on ne peut qu’exiger après une vie de travail pénible qu’elle soit reconnue. Mais pour y prétendre, le projet prévoit une invalidité constatée de 20%. Tout repose en fait sur le médecin conseil, avec les différences possibles selon le cas. Par ailleurs cette solution privilégie l’individualisme au détriment du collectif d’une même corporation. Ce n’est pas vraiment juste car la pénibilité supportée longtemps, en soi, avec ou sans conséquences détectables (certains troubles ou maladies graves peuvent mettre longtemps à apparaître) devrait entraîner un droit à la retraite plus précoce.
pour être effective, l’augmentation attendue de la durée d’assurance doit être accompagnée par une mobilisation en faveur des travailleurs de plus de 55 ans, ce qui implique l’essor d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Les pré-retraites qui ont été mises en œuvre pour lutter contre le chômage, bien que diminuant du fait de leur coût, se sont notamment traduites par un effet pervers en stigmatisant le problème de l’âge dans l’emploi.
Enfin, Martine Aubry dit que si la gauche accède au pouvoir en 2012, elle reviendra sur la réforme. C’est une affirmation qui n’est pas responsable. Et d’ailleurs, elle ne le fera pas. Le PS devrait ouvrir les yeux. Les trois plans les plus durs imposés en Europe l’ont été dans des pays dirigés par des socialistes : Grèce, Espagne et Portugal. Le nombre des pensionnés augmente par rapport au nombre de cotisants en dehors de toute évolution démographique ajouté au fait que le nombre d’années de versement des pensions s’accroît au détriment du nombre d’années de cotisations. L’idée de revenir sur une réforme nécessaire revient à négliger la menace d’explosion des déficits. Nous nous refusons à mentir aux Français, même si ce n’est pas populaire."

